
C’est le cancer masculin les plus fréquemment diagnostiqué en France. 22000 cas par an environ y sont recensés, ce qui représente 19% des cancers masculins (diagnostiqués). Il est responsable de 10% des décès causés par cancer. L’âge moyen des hommes atteints est de 69 ans.
On estime, actuellement que, diagnostiqués ou non, 1% de ces cancers est agressif. Il ne se rencontre, en général, pas avant l’âge de 50 ans. C’est un cancer qui évolue lentement, il représente moins de 1% des causes de mortalité en France.
"L’âge tue toujours, le cancer de prostate de temps en temps"
W. Fair - urologue américain
Les causes en sont encore mal connues. Les études épidémiologiques suggèrent qu’un certain nombre de facteurs (génétiques, hormonaux, diététiques, environnementaux, viraux) peuvent jouer un rôle dans son apparition. Cependant, il apparaît que le risque est augmenté lorsqu’il existe des antécédents familiaux (père, frères) de cancer de prostate Le cancer de prostate est hormono-dépendant. Ceci veut dire qu’il existe un rapport direct avec la sécrétion d’hormones des testicules et certainement des surrénales (testostérone et dihydrotestostérone). Les hommes castrés avant la puberté ne développent pas ce cancer.
Un homme de 50 ans a, dans les 25 ans suivant son anniversaire :
42% de risque d’avoir un cancer passant inaperçu
9% de risque de développer un cancer manifeste, dont 3% en mourront.
Le choix du traitement repose donc sur le dépistage des personnes qui vont tôt ou tard souffrir de leur cancer et de celles qui resteront non symptomatiques et décèderont d’une toute autre maladie... ou naturellement.
L’âge (moins de 70 ans), le stade évolutif, les caractères histologiques du cancer sont les éléments qui orienteront vers une abstention thérapeutique, un traitement localisé ou un traitement général
C’est pourquoi l’avis du chirurgien urologue, spécialiste de l’organe et de ce cancer, est prépondérant... et indispensable.
Le cancer de la prostate est très fréquemment latent. C’est un cancer en sommeil, sans aucun symptôme, qui ne se réveillera que chez un petit nombre de personnes. Sa découverte est généralement fortuite :
lors d’un toucher rectal, d’une prise de sang (taux de PSA élevé) à l’occasion d’un bilan pour des troubles généraux après 50 ans : fièvre, fatigue, phlébite récidivante ou bien impuissance brutale ou découverte d’une métastase.
plus rarement, lors de l’apparition de troubles de la miction
lors de la découverte d’un taux de PSA élevé lors d’un bilan systématique ou d’un bilan d’adénome.
Lorsqu’il y a des symptômes, il sont généralement d’apparition tardive : le cancer ne se manifeste qu’à un âge relativement avancé, il ne gêne la miction que lorsqu’il a suffisamment grossi pour devenir obstructif dans l’urètre et dans la vessie.
Toucher rectal
Il permet de détecter les nodules saillants à la surface de la prostate ou des zones de consistance différente du restant de la prostate. C’est un examen important qui devrait être pratiqué une fois par an à partir de l’âge de 50 ans. Il n’est pas significatif à lui seul. Cependant, il faut savoir qu’un cancer profondément situé dans la prostate ne pourra être accessible au toucher rectal.
Dosage du P.S.A. sanguin
Lorsque le taux de PSA sanguin dépasse 10 ng/ml (normal < 4), le risque de cancer est de plus de 50% pour une prostate de volume normal.
Echographie trans-rectale de la prostate
L’image suspecte du cancer est constituée par une ou plusieurs zones hypoéchogènes situées principalement dans la périphérie de la prostate. Ces zones, à contours flous, tranchent avec la densité homogène de la prostate normale. Mais l’échographie ne peut, à elle seule, assurer le diagnostic de cancer.
Ces trois éléments (toucher rectal, PSA, échographie) créent un faisceau d’arguments en faveur, ou non, de l’examen suivant :
Ponction-biopsie de la prostate
La biopsie est le prélèvement d’un petit fragment de prostate que l’on examine ensuite au microscope. Il est pratiqué à l’aide d’une aiguille spéciale qui permet de retirer une petite "carotte" de 1 ou 2 cm de long sur 0,5 mm de diamètre. Des saignements (urinaires ou rectaux), peu importants, peuvent survenir jusqu’à deux jours après l’examen.
La biopsie permet un diagnostic précis de la nature de la maladie prostatique.
Ces examens, complétés par une radio des poumons, un scanner abdo-pelvien, une scintigraphie osseuse et un bilan sanguin complet (comprenant PSA et créatininémie), permettent de définir le stade d’évolution du cancer diagnostiqué. Ce stade est établi selon une classification appelée TNM.
La chirurgie
La prostatectomie radicale : La prostate est enlevée en totalité, ce qui offre l’avantage, quand la tumeur ne s’est pas développée à l’extérieur de la glande, d’éliminer complètement les tissus cancéreux.
Inconvénients : elle provoque presque toujours une impuissance qui, quelquefois, ne dure que quelques mois. Les rapports sexuels sont presque toujours possibles avec l’aide des injections intracaverneuses. Il peut s’ensuivre une incontinence plus ou moins importante temporaire, exceptionnellement définitive. Enfin, la stérilité est inévitable.
La chirurgie palliative : Lorsque l’on urine avec trop de difficultés, la résection endoscopique (RTUP) permet de rétablir le passage normal des urines. La prostate est "grattée" par l’urètre, ce qui en élargit le diamètre.
La radiothérapie
Elle peut être utilisée en traitement curatif, mais les résultats à long terme ne sont pas toujours aussi efficace que la prostatectomie. Elle présente moins de risques d’incontinence. Après une radiothérapie, une intervention prostatique n’est plus souhaitable, car les risques d’incontinence deviennent majeurs.
Pour certaines indications (> de 70 ans), il est aussi pratiqué une curiethérapie (ou brachythérapie). Des grains d’iode 125 ou de palladium 103 sont implantés directement dans la prostate sous contrôle échographique. Les résultats paraissent équivalents à la prostatectomie radicale et entraîner moins de risques d’impuissance (50 %).
Le blocage hormonal (traitement médical)
Il s’agit d’un traitement palliatif (castration) et permet de bloquer la production de testostérone dont dépend le cancer.
Il peut être médical par l’administration d’un anti-androgène (antagoniste de la LH-RH) sous forme d’injection mensuelle. Avantage : les effets en sont réversibles lors de l’arrêt du traitement.
Cependant le traitement chirurgical est le plus efficace. Il consiste en une orchidectomie ou pulpectomie empêchant les testicules de produire et de diffuser la testostérone.
Les ultrasons focalisé de haute intensité (HIFU)
Ce procédé de traitement par ultrasons a été homologué (Ablatherm®) durant les années 1990. Il est destiné au traitement de cancers de prostate localisés de stade T1 et/ou T2. Une sonde rectale produisant une chaleur intense et focalisée permet de détruire les tissus cancéreux d’une zone ciblée par échographie. Le traitement est contrôlé et suivi avec l’aide d’un ordinateur. Les résultats semblent très prometteurs et entraîner moins d’inconvénients qu’avec les autres techniques.
Pour schématiser, le choix des différentes options dépendra de l’âge (espérance de vie supérieure à 10 ans) et du stade de la maladie :
cancer localisé :
cancer ayant dépassé les limites de la prostate : quelque soit l’âge, abstention thérapeutique sous surveillance clinique et du taux de PSA ou hormonothérapie.
La surveillance est assurée par le médecin traitant, l’urologue et le radiothérapeute. Le suivi du PSA est un excellent moyen de vérifier l’efficacité du traitement. Une éventuelle reprise évolutive du taux de PSA, largement en avance sur les manifestations cliniques, permettra de réorienter alors le traitement.
Après radiothérapie chez un sujet de 73 ans, à quelle fréquence doit-on surveiller le PSA et comment interpréter les résultats. Le taux était tombé à 2,3 ng, 3 mois après la radiothérapie.
J’ai été opéré de la prostate après 4 biopsies et j’étais au stade I. Sur l’insistance du médecin et de mon entourage, je me suis laissé opérer. Malheureusement, ils ont enlevé la prostate ainsi que les nerfs érectiles, car il y avait trop d’adhérences. De plus, j’ai une cicatrice du nombril presque jusque à ma verge. Mais le plus difficile, c’est que je n’ai plus d’érection, même avec injection de Caverjec 20. Comme vous vous en doutez, je ne le vis pas bien. Je ne sais plus avoir de rapport physique avec une femme et ceci a mis mon couple en danger du fait que ma femme était demandeuse. Donc je me trouve dans une situation entre la dépression à entrer en clinique, et la dépression ambulatoire. Si par bonheur, une personne qui lit ce mot a une solution, je serais ravi qu’il m’en fasse part.
Bien à vous et merci d’avance pour d’éventuel conseils !!!!
Je tiens à vous encourager à ne pas culpabiliser et à lutter contre la maladie. Votre femme a très mal réagi, car il faut qu’elle réalise que vous n’êtes pas responsable de cette absence de rapports sexuels. Il faut qu’elle se mette à votre place ! Lorsque l’on est malade, on est diminué et il faut que l’entourage soit patient et compréhensif. Elle a bien de la chance d’être en parfaite santé. Elle n’a pas à avoir des exigences sexuelles de la sorte, mais doit comprendre la situation. C’est cela l’amour et l’entraide dans un couple.
Allez, soyez courageux !
Que se passe-t-il lorsqu’on doit subir une opération de la prostate et qu’on a une hémophilie fruste (17 %), autrement dit, déficiente en facteur VIII dans le sang. Il semble que, quelle que soit le traitement (chirurgical ou radiothérapique), des saignements peuvent durer très longtemps après l’opération ou la radiation à différents tissus. Quel est le traitement le plus approprié dans ce cas de déficience du facteur VIII ?