Principe de l’intervention : la prostate est enlevée complètement avec la portion d’urètre qui le traverse. Puis l’urètre, avec le sphincter, est raccordé à la vessie.
L’anesthésiste que vous verrez en consultation avant l’intervention vous expliquera le type d’ anesthésie souhaitable, ainsi que les risques potentiels : pour cette intervention, en général, sont utilisées à la fois une anesthésie régionale et une anesthésie générale peu profonde.
une perfusion est mise en place systématiquement, une transfusion sanguine est rarement nécessaire, il n’est donc pas nécessaire de prendre des précautions particulières de type auto-transfusion.
le lavage de vessie n’est pas nécessaire.
la durée de l’intervention est de 2 à 3 heures. Au cours de la même séance sont réalisées l’ablation des ganglions, l’ablation de la prostate et l’anastomose entre la vessie et l’urètre.
l’incision opératoire est généralement située ente le nombril et le pubis.
vous aurez une sonde dans l’urètre pendant 10 à 20 jours, souvent un cathéter sus-pubien (cystocath) du côté gauche, ainsi qu’un drain du côté droit qui s’évacue vers une petite poche collée à la peau. Ce drain sera mobilisé lors de la réfection du pansement le 2° ou le 3° jour, puis enlevé complètement entre le 5° et le 8° jour. Il draîne la lymphe.
Les complications sont rares, elles vous sont données à titre indicatif. Hormis les complications possibles pour toute intervention (pulmonaire, cardiaque, phlébite ou abcès de la cicatrice), les complications spécifiques à cette intervention sont :
Complications immédiates
L’hémorragie per-opératoire : il s’agit d’une intervention qui a un potentiel hémorragique, cependant la transfusion ne sera nécessaire que dans moins de 10 % des cas.
Une phlébite est possible après ce type d’intervention, toutefois les précautions sont prises pour les éviter, notamment des petites piqûres dans le ventre sont pratiquées tous les jours (anticoagulant). Lorsque vous aurez regagné votre domicile, votre médecin devra surveiller particulièrement l’absence d’apparition de signes de phlébite.
Complications précoces (de l’intervention jusqu’à un mois)
La sténose (rétrécissement) du méat de l’urètre est possible du fait de la présence de la sonde urétrale. Elle sera facilement dilatée.
Les urines sont en principe rapidement claires après l’intervention. Dès que vous en aurez l’autorisation, il faudra boire abondamment pour effectuer un bon lavage vésical.
La rétention d’urine après l’ablation de la sonde est rare car il n’y a plus de prostate qui peut créer une obstruction ;
L’infection urinaire est possible, elle est même fréquente. Elle est facilement traitée par les antibiotiques.
Des douleurs au niveau des testicules sont possibles et disparaissent avec un simple traitement médical.
Après l’ablation de la sonde, des troubles mictionnels persistent, comme des envies fréquentes ou des brûlures en urinant. Tous rentre dans l’ordre en quelques semaines.
Les fuites d’urine : la plupart des patients présentent quelques fuites d’urines. Des fuites importantes sont rares et peuvent persister plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le risque d’incontinence vraie est de l’ordre de 2 %, il est présent surtout chez les patients obèses.
Complications tardives
Les problèmes sexuels : le risque d’impuissance est supérieur à 50 %. Il n’y aura plus d’éjaculation car les voies spermatiques sont enlevées avec la prostate.
La sténose de l’urètre est possible dans moins de 3 % des cas.
La sténose au niveau de l’anastomose entre la vessie et l’urètre est possible (3 à 4 % des cas). Elle peut nécessiter une incision par voie endoscopique.
L’infection persistante est rare, elle peut être due à une vessie très abîmée par l’obstruction prostatique ancienne.
L’évolution du cancer de la prostate : un programme de surveillance sera établi afin de contrôler l’absence d’évolution. Votre médecin traitant vous fera faire tous les 6 mois un contrôle du PSA et les contrôles chez votre urologue seront programmés une fois par an.
Cette liste des complications potentielles, qui sont rares, vous est donnée dans le but de mieux vous informer. Elle ne doit pas vous inquiéter mais plutôt vous rassurer car le maximum sera fait pour qu’elles ne se produisent pas.