La maladie de LA PEYRONIE est une affection bénigne caractérisée par l’infiltration scléreuse du tissu conjonctif séparant les corps caverneux de l’albuginée. Cette infiltration est responsable, lors de l’érection, de douleurs et de déformation de la verge.
La lésion se trouve le plus souvent sur la ligne médiane dorsale et peut siéger depuis la racine des corps caverneux jusqu’à la couronne du pied.
Trois aspects ont été décrits :
Les noyaux individualisés de consistance plus dure que le corps caverneux. Ils sont de taille variable, de quelques millimètres à plusieurs centimètres et siègent, en règle, au tiers moyen de la face dorsale,
La plaque est étendue en surface mais de faible épaisseur. Elle peut s’étendre latéralement recouvrant les deux corps caverneux vers le bas,
La fibrose non individualisée prend une partie du corps caverneux.
Tous ces éléments peuvent être retrouvés ensemble, confluer ou se succéder dans le temps. Les limites avec le tissu normal sont parfois difficiles à préciser à la palpation. Au niveau des plaques et des noyaux, les corps caverneux perdent leur élasticité et les zones rigides sont responsables des déformations de la verge en érection retrouvées dans 80 % des cas.
Traitements
Il existe de nombreux traitements, avec des résultats variables et surtout difficiles à apprécier. Le manque de connaissance quant aux causes de l’affection et sa possible évolution spontanée vers la régression incite à rester prudent sur les indications thérapeutiques. Ceci pour dire qu’il n’y a pas de traitement miracle ou plus efficace qu’un autre. Seul un urologue peut en juger.
Il est donc donc important d’évaluer les quatre paramètres qui sont le plus fréquemment source d’inconfort et d’inquiétude :
- La douleur apparaît généralement dans les six premiers mois de la maladie mais peut être absente ou au contraire durer plus longtemps. Elle peut être légère, sous forme de gène à l’érection, ou au contraire violente « inhibant » l’érection et empêchant toute relation. Son évaluation s’effectue sur 5, comme l’échelle visuelle elle se cote donc de 0 (absente) à 5 (la plus violente).
- Le deuxième (qui est souvent le premier a être exprimée) est la déformation qu’occasionne la ou les plaques de Lapeyronie. Elle devra donc être évaluée et étudiée dans les trois plans.
- La qualité de l’érection, en particulier l’érection distale du corps caverneux, doit être évaluée.
- Les troubles de la sensibilité qui sont souvent ressentis au niveau du gland. Ces troubles sont difficiles à évaluer car très subjectifs et surtout très fluctuants.
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Thérapeutiques
- Traitement de la douleur
- les antiinflammatoires per-os sont souvent prescrits (Colchicine, Piascledine).
- Les injections de corticoïdes, autour ou dans les plaques, avec des résultats souvent satisfaisants mais qui nécessitent de répéter les injections.
- La lithotritie extra corporelle (LEC) qui a démontré une remarquable efficacité comme effet antalgique.
- Le traitement par iontophorèse transdermique (le mélange médicamenteux est administré par un courant électrique de 5 mA via un contenant fixé au tissu pénien au niveau de la plaque) a montré une certaine efficacité (Lidocaïne, Verapamil, dexamethasone) sur la douleur.
- Traitement de la coudure
- Le plus efficace est le Tamoxifene mais avec un inconvénient majeur : sa toxicité pour le foie et ses effets secondaires.
- Les autres traitements comme la vitamine E, la procarbazine, le Paraminan, l’Acétyle L carnitine, n’ont jamais prouvé leur efficacité.
- La LEC permet d’obtenir un bon résultat dans plus de 50% des cas avec, au minimum, une diminution de 20° de l’angulation.
- La lithotripsie à l’aiguille permet d’obtenir aussi dans certains cas jusqu’à 40 % d’amélioration. La technique a évolué avec maintenant des incisions de la plaque par voie endocaverneuse, mais les résultats peuvent varier selon l’expérience de l’équipe chirurgicale.
- Traitement de la rigidité
- Les inhibiteurs de la phosphodiestérases se révèlent utiles. Le Sildénafil (Viagra°) a montré son efficacité à rétablir la rigidité pénienne.
- Traitement de la sensibilité Aucun traitement n’a démontré son efficacité sur l’amélioration de la sensibilité, qui reste une perception très subjective.
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Traitements chirurgicaux
- La correction de l’angulation
- La chirurgie de la concavité (intervention de Nesbit, Yachia,...). Cette intervention consiste à réaliser une ou plusieurs incisions longitudinales du côté opposé à la coudure qui permet de modeler la verge et de traiter les différentes courbures dans des différents plans. Cette chirurgie a comme défaut principal de raccourcir la verge.
- La chirurgie de la convexité permet de maintenir la longueur de la verge, en principe. Basée sur la chirurgie de la plaque, les résultats restent aléatoires. La technique de Tom Lue qui consiste à réaliser une incision en "H" et à y insérer un fragment de tissu (synthétique ou naturel) sans retirer la plaque.
- La mise en place de prothèses péniennes. Les complications sont rares, à type d’ulcération du gland due à une erreur technique (prothèse trop longue) ou d’infection. Les résultats sont bons.