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La cystite interstitielle

lundi 9 mars 2009
par fBihR
 

Il s’agit d’une maladie urologique parmi les plus difficiles à diagnostiquer et les plus difficiles à traiter. Elle constitue la majeure partie d’un groupe de pathologies dont le dénominateur commun est un malaise, un inconfort, une douleur sus-pubienne. Ces pathologies peuvent être des maladies organiques extra-vésicales, des maladies organiques vésicales (la cystite interstitielle), voire certaines maladies urétrales.

Le nombre de personnes souffrant d’une cystite interstitielle (chiffres US) a été estimé à environ 500.000. Environ 90% de ces patients sont des femmes. Tandis que les gens de n’importe quel âge peuvent être affectés, environ 2/3 des patients ont de 20 à 50 ans. Cette maladie est rare chez les enfants. Dans quelques cas, elle a affligé la mère et la fille, mais il n’y a aucun indice pouvant amener à penser que la maladie est héréditaire.

La cystite interstitielle est l’exemple d’une maladie qui se caractérise par son peu de critères spécifiques et le diagnostic repose principalement sur l’expérience personnelle du médecin. Il s’agit d’une pathologie complexe et chronique qui a toujours dérouté les médecins depuis qu’on l’a identifiée.

Causes

Personne ne sait ce qui cause la cystite interstitielle, mais les médecins étudiant la maladie pensent que ce n’est un problème physique, mais plutôt le symptôme d’un problème psychologique. Quelques-unes de hypothèse avancées : infection urinaire, infection par contiguïté d’un foyer extra-vésical, maladies allergique, immunologique ou auto-immune, cytoprotection déficiente, urine contenant des agents toxiques, maladies endocriniennes, obstruction lymphatique ou vasculaire, altérations neurogéniques et même des maladies psychiatriques.

Un domaine de recherche sur la cause de la cystite interstitielle s’est concentré sur la pellicule recouvrant la vessie appelée la glycocalice, composée principalement des substances appelées des mucins et les glycosaminoglycans (GAGs). Cette couche protège normalement muqueuse vésicale contre des effets toxiques de l’urine et de son contenu. Les chercheurs de l’université de Californie, San Diego, ont constaté que cette couche protectrice de la muqueuse était "perméable" chez environ 70% des patients atteints de cystite interstitielle. Cette perméabilité permettrait le passage de certaines substances urinaires à travers la muqueuse et jouerait un rôle dans le déclenchement des symptômes de la cystite interstitielle.

Symptômes

Les symptômes de la cystite interstitielle changent considérablement d’une personne à l’autre mais ont quelques similitudes avec ceux d’une infection urinaire :

Comme avec beaucoup d’autres maladies, l’effort peut également intensifier les symptômes mais ne peut en être à l’origine.

Diagnostic

Puisque les symptômes de cystite interstitielle sont semblable à ceux d’autres trouble de l’appareil urinaire, le médecin devra éliminer d’autres diagnostics avant d’affirmer celui de cystite interstitielle. Parmi ceux-ci : troubles du tractus urinaire, infection vaginale, cancer de vessie, inflammation ou infection vésicale provoqués par des radiations sur l’abdomen, cystite éosinophilique ou tuberculeuse, lithiases rénales, endométriose, troubles neurologiques, maladies sexuellement transmissibles, bactériurie à bas-bruit, et, chez l’homme, prostatite chronique bactérienne ou non.

Le diagnostic de la cystite interstitielle dans la population générale est fondé sur :

Les examens médicaux qui permettent de confirmer le diagnostic incluent un ECBU, une cystoscopie, une biopsie de vessie et, chez les hommes, une analyse des sécrétions prostatiques. Un calendrier mictionnel sera un instrument très utile au médecin et lui permettra d’évaluer la fréquence des mictions et de suivre l’évolution de la maladie.

Traitements

Les chercheurs n’ont pas encore trouvé de traitement radical pour la cystite interstitielle. Ils ne peuvent pas non plus prédire qui répondra le mieux à tel ou tel traitement. La disparition des symptômes peut survenir sans explication ou coïncider avec un événement tel qu’un changement de régime ou de traitement. Même lorsque les symptômes disparaissent, cependant, ils peuvent réapparaître après des jours, des semaines, des mois, ou des années. Les chercheurs ne savent pas pourquoi.

Puisque l’on n’a pas trouvé l’origine de la cystite interstitielle, les traitements sont à visée palliative, soulageant principalement des symptômes. La plupart des personnes sont soulagées pendant des périodes variables par un traitement ou une combinaison des traitements, dont certains sont brièvement décrits plus loin. Cependant, car on a de plus en plus d’éléments, la liste de traitements potentiels peut changer. Les patients doivent discuter des options de traitement avec leur médecin.

Quatre directions thérapeutiques peuvent à ce jour être envisagées :

- Modification de la condition psychique et/ou de l’inflammation vésicale :

- Modification de l’urine :
L’alcalinisation des urines avec du bicarbonate de soude peut apporter un certain degré de soulagement.

- Cyto-destruction :
Le DMSO (diméthyl-sulfoxyde) est utilisé aux Etats-Unis. Ce solvant organique, produit de l’industrie des pâtes et papiers, est utilisé en instillation intra-vésicale. Il est utilisé une solution de 50 ml en instillation hebdomadaire durant 6 à 8 semaines. La substance est partiellement excrétée par les poumons procurant une haleine d’odeur d’ail que certains malades trouvent très désagréable. Une réponse favorable mais temporaire a été notée chez 50 à 70% des patients. En cas de récidive des symptômes, les instillations peuvent être reprises et leur fréquence ajustée en fonction de la réponse thérapeutique. L’apparition d’une résistance progressive au DMSO a aussi été observée.

- Cytoprotection :

Les résultats à long terme suggèrent une amélioration cliniquement significative chez 74 à 88% des patients au point de vue de la douleur, la fréquence mictionnelle, la miction impérieuse et la nycturie. Les malades avec des symptômes initiaux plus sévères avaient une meilleure réponse thérapeutique que ceux qui présentaient une symptomatologie moins prononcée. La réponse optimale peut prendre jusqu’à 12 mois pour se manifester, et dans les cas sévères jusqu’à 18 mois. Les effets secondaires sont peu prononcés, principalement sous la forme d’intolérance digestive. La calvitie, quand elle est présente, est réversible après l’arrêt du traitement.

Rôle du patient dans le processus thérapeutique

Le patient lui-même doit participer au régime thérapeutique élaboré :

Soucis particuliers

- Cancer :
Il n’y a aucune preuve que la cystite interstitielle augmente le risque de cancer de vessie. Cependant, les effets à long terme de la cystite interstitielle exigent davantage d’observation et de recherche.

Grossesse :
Les chercheurs ont peu d’informations sur la grossesse et la cystite interstitielle, mais ne pensent pas que cette maladie affecte la fertilité ou la santé du fœtus. Quelques femmes ont une rémission de leur cystite interstitielle pendant la grossesse, alors que d’autres ont plus de douleur et de pression pendant le troisième trimestre, probablement dû au poids du fœtus sur la vessie.

- Travail : Les flambées soudaines de symptômes qui ont comme conséquence des absences fréquentes du travail peuvent entraîner des difficultés à le garder ou à en trouver un. La Sécurité Sociale ou votre mutuelle peut vous fournir des informations quant à une pension d’invalidité.

- Soutien : Le soutien de la famille, des amis, et d’autres avec la cystite interstitielle est très important pour aider les patients à faire face à leur maladie. Des études ont constaté que les patients atteints de cystite interstitielle qui se renseignent sur la maladie sont plus impliqués dans les soins et le vivent mieux.

Ne vous isolez pas de votre famille ou de vos amis. Faites participer votre famille aux décisions de traitement. Ne laissez pas la cystite interstitielle devenir le centre de votre vie. Essayez de prendre du recul par rapport à la maladie - il y a pire. Rencontrez d’autres patients atteints de cystite interstitielle pour confronter vos expériences et manières de faire face. Ayez confiance en vous.

Plus d’informations  :
Site de l’Association française de la cystite interstitielle, AFCI
Site de l’Association de la cystite interstitielle du Québec, Cystite interstitielle

 

 

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