L’hypospadias est une malformation congénitale définie par l’existence, à la face inférieure de l’urètre, d’un méat urinaire en situation anormale associée à une aplasie plus ou moins accentuée de la face inférieure de la verge. C’est la plus fréquente des anomalies de l’urètre chez le garçon. D’autres malformations y sont souvent associées.
Les différents hypospadias
Pour simplifier les différences d’hypospadias, la classification peut se faire en partant du gland vers le périnée. L’hypospadias s’accompagne presque toujours d’une coudure de verge ventrale. Le fourreau de la verge est attiré vers le bas par une corde ventrale spiroïde. Le prépuce a une forme de tablier carré qui tombe devant le gland : le "tablier de sapeur".
Le méat ectopique est plutôt difficile à identifier, ce qui est une cause fréquente de la malformation dans les formes distales. Le méat est souvent punctiforme, très difficile à cathétériser. Un méat trop serré devra être agrandi.
Tous les hypospadias postérieurs entraînent la recherche d’une ambiguïté sexuelle. La détermination sexuelle sera faite par les dosages hormonaux.
Tout hypospadias impose de rechercher d’autres anomalies urinaires notamment :
l’urographie intra-veineuse (UIV) recherchera des duplicité ou bifidité urétrale,
l’urètro-cystographie rétrograde (UCR) recherchera un reflux vésico-uretéral ou un reliquat mullerien.
Traitement
Il est chirurgical et doit être entamé le plus rapidement possible (méatotomie, méatoplastie) : si le méat hypospade est punctiforme, très serré, il faut l’agrandir pour permettre des mictions normales. Cette intervention fait reculer le méat vers l’arrière de quelques millimètres.
Vers trois ans, quand la verge ne s’est pas développée parce qu’existe une coudure, il faut faire un désenlisement de verge pour donner de l’étoffe à la verge et permettre à la peau de grandir.
Vers 5-8 ans, il sera temps de pratiquer une urétroplastie pour faire avancer le méat hypospade en position normale sur le gland et à couvrir cet urètre par de la peau pénienne. Cette intervention, minutieuse, est exposée à de nombreuses complications. Elle nécessite souvent plusieurs temps opératoires.
Il ne faut pas négliger les problèmes psychologiques chez ces enfants lorsqu’ils atteignent l’âge de la scolarité, cette malformations et ses traitements sont forcément perturbants.
Les techniques sont très nombreuses et sont fonction du siège de l’hypospadias. Plus un hypospadias est postérieur, plus les interventions seront nombreuses.
Un hypospadias antérieur ou balanique peut être corrigé par une intervention en un seul temps. Toutefois, même cette intervention est exposée aux complications :
fistule de l’urétroplastie,
nécrose du lambeau cutané de couverture de l’urétroplastie.
Les suites opératoires
L’enfant revient du bloc opératoire avec un cathéter sus-pubien, un pansement de verge compressif. Une sonde urétrale est en place pour cinq jours. Après le 5ème jour, les pansements sont refaits quotidiennement par l’infirmière. Au 10-15ème jour, si tout est normal, l’enfant quitte le service avec son cathéter sus-pubien ouvert en permanence. Le cathéter sera enlevé normalement au bout de 3 semaines.